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Mélangeuse automotrice d'occasion Lucas G Autospire 130 : Un investissement à réfléchir

Lucas G est l’un des spécialistes français des matériels d’élevage. Le constructeur vendéen propose des gammes de pailleuses, de dérouleuses et de mélangeuses de type bol semi-portées et automotrices. L’Autospire 130 se positionne au cœur de cette offre. Sa cuve de 13 m3 et ses deux vis verticales permettent de confectionner des rations pour une soixantaine de bovins. Afin de mieux connaître cette machine automotrice, nous avons rencontré Matthieu Thomas, cogérant des établissements Saudade, implantés à Giat, dans le Puy-de-Dôme.

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Sollicitée tous les jours pour nourrir les troupeaux, la désileuse-mélangeuse-distributrice automotrice est l’un des engins les plus importants sur une exploitation d’élevage. Bien réfléchir son achat s’avère donc primordial. Combien de rations différentes ? En quelles quantités ? Ces questions permettent dans un premier temps d’adapter la taille de la mélangeuse. Il convient également de s’assurer que les silos et les bâtiments soient suffisamment accessibles pour y faire circuler ce genre d’automoteur, dont les angles morts pourraient être piégeux lors des manœuvres.

Un autre point crucial réside dans la mécanique. En effet, l’arrêt de l’automotrice d’alimentation à cause d’une panne peut rapidement entraîner des complications dans le nourrissage des bêtes. L’éleveur doit pouvoir compter sur sa machine. Lors de l’achat d’une mélangeuse d’occasion, prenez le temps de vous attarder sur chaque détail, questionnez l’ancien propriétaire, renseignez-vous sur les éventuels problèmes déjà rencontrés. Toutes ces précieuses informations vous seront utiles pour juger de l’état et de la fiabilité de la machine.

 

 

Lucas G Autospire 130

(© Florentin Portail)

Année : 2021

Volume : 13 m3

1 727 h

Tapis de distribution arrière

2 roues directrices

Moteur Deutz AG, 4 cyl., 4,1 L, 168 ch

Prix : 84 000 € HT

 

 

Les bases d’un automoteur

Comme pour toute machine motorisée, il est nécessaire de s’attarder sur sa mécanique. Veillez à ce que les intervalles d’entretien du moteur aient été correctement respectés. Si la machine n’a pas été révisée avant d’être présentée à la vente, retirez son filtre à air. Son état vous en apprendra long sur le soin apporté à son entretien journalier. La transmission hydrostatique, quant à elle, ne requiert que peu de maintenance, hormis une vidange à intervalles définis par le constructeur. Notre Autospire 130 compte deux roues directrices, mais Lucas G en a également produit avec toutes les roues directrices. Elle peut en revanche compter sur ses quatre roues motrices pour déplacer ses 11 t, même sur des terrains meubles. Inspectez les ponts et les réducteurs, à la recherche d’éventuelles fuites d’huile. Observez également le châssis pour vous assurer qu’il ne présente pas de fissures ou qu’il n’a pas subi de réparations pouvant affecter sa rigidité. Si possible, testez la machine avec quelques manœuvres.

Le moteur prend place en position longitudinale sur le flanc droit de la machine. Le système de dépollution se trouve au-dessus. (© Florentin Portail)
La cuve et le châssis sont reliés par ces pesons. Assurez-vous, en plus de leur bon état, que leurs câbles ne sont pas coupés. (© Florentin Portail)
Les ponts moteurs supportent le poids de l’automotrice à travers des suspensions à lames. Cette machine compte quatre roues motrices. (© Florentin Portail)

 

 

Des équipements pour faciliter la vie

La Lucas G Autospire reçoit un écran tactile en guise de tableau de bord, également utile pour gérer les différentes fonctions de la machine. Celui-ci sert d’interface pour programmer les rations et affiche le poids de marchandise chargée dans la cuve. Le monolevier placé sur la console à droite du conducteur permet de manipuler la fraise de désilage. Assurez-vous du bon fonctionnement de toutes les commandes. Cette automotrice profite d’une homologation pour circuler sur la voie publique, utile dans le cas d’un usage sur plusieurs exploitations. Elle s’équipe donc de feux dont vous vérifierez le fonctionnement. La machine présentée ici accueille également deux caméras. L’une surveille l’intérieur de la cuve, et l'autre couvre l’arrière de la machine. Cet équipement facilite grandement la vie lors des manœuvres. En effet, la visibilité depuis le poste de conduite s’avère plutôt restreinte, en particulier vers la droite, obturée par la présence du convoyeur.

Cet écran tactile disposé devant le volant fait office de tableau de bord et donne accès aux différentes fonctions de la machine. (© Florentin Portail)
Le monolevier, solidaire de la console latérale, pilote les mouvements principaux de l’automotrice. (© Florentin Portail)
Bien utiles, les deux caméras permettent de garder un œil sur la cuve de mélange et l’arrière de la machine avec le tapis de distribution. (© Florentin Portail)

 

 

Pour des fronts d’attaque réguliers

La fraise de désilage constitue l’un des éléments les plus importants d’une mélangeuse automotrice. En effet, elle conditionne la préparation des aliments avant leur incorporation dans la ration. Elle doit aussi former un front d’attaque net dans les silos afin d’optimiser la conservation de l’ensilage. Soumise à d’importants efforts, elle sera donc au centre de toutes les attentions. Paliers, roulements, moteur hydraulique, carters de protection, vous devez vérifier chacun de ces éléments. Faites tourner la fraise et traquez les bruits suspects, révélateurs d’une pièce en fin de vie. L’écran de contrôle de la Lucas G Autospire autorise plusieurs réglages de vitesse mémorisables pour la fraise, en fonction du type de matière chargée. Pensez également à évaluer le niveau d’usure des couteaux de la fraise. Ceux-ci arborent une forme courbée, donnant plus d’agressivité. Si ces éléments devaient faire l’objet d’un remplacement, ceci peut peser dans les négociations avant la vente.

Le moteur hydraulique de la fraise de désilage subit d’importants efforts. Assurez-vous de l’absence de fuites à son niveau. (© Florentin Portail)
La fraise de désilage s’équipe de sections courbées. Leur bon état produit une coupe franche et limite la consommation de GNR. (© Florentin Portail)
Inspectez le tapis du convoyeur. Il ne doit pas présenter d’usure asymétrique ni de déchirure, signes d’un mauvais alignement. (© Florentin Portail)

 

 

Le cœur de la machine : la cuisine

La Lucas G Autospire 130 reçoit une cuve de 13 m3 et deux vis de mélange. Les couteaux disposés sur ces dernières assurent la coupe des fibres. Leur bon état s’avère donc primordial non seulement pour obtenir une ration homogène, mais aussi pour limiter la consommation de carburant pendant le mélange. Des contre-couteaux escamotables accentuent encore l’effet de coupe. Une trappe d’incorporation autorise l’apport d’aliments en granulés directement depuis le côté de la machine à hauteur d’homme. Concernant la distribution de la ration, plusieurs solutions existent. Il peut s’agir de simples trappes sur les flancs de la cuve. L’automotrice peut aussi s’équiper d’un tapis de distribution, plus pratique pour déposer la ration plus loin de la machine. Celui-ci travaille des deux côtés et reçoit la matière grâce à une trappe à l’arrière de la cuve. Ce montage présente toutefois l’inconvénient d'une distribution tout à l’arrière de l’automotrice, à un endroit difficilement visible par le conducteur. L’installation d’une caméra est alors la bienvenue.

L’usure de couteaux joue un rôle important dans la qualité du mélange. Leur position peut s’ajuster selon le type de ration. (© Florentin Portail)
Les racleurs facilitent la vidange du fond de cuve. Assurez-vous qu’ils sont en bon état et qu’ils ne frottent pas le plancher. (© Florentin Portail)
Le tapis de distribution placé à l’arrière autorise la vidange des deux côtés. Contrôlez l’absence de déchirure ou d’usure anormale. (© Florentin Portail)

 

 

Avis d'expert

(© Florentin Portail)

Matthieu Thomas, cogérant des établissements Saudade, distributeur Lucas G, à Giat (Puy-de-Dôme)

« L’investissement dans une mélangeuse automotrice se réfléchit en fonction du nombre de têtes à nourrir et de la disposition des lots dans l’exploitation. Par exemple, il n’est pas toujours aisé de passer dans des bâtiments anciens, et l’automotrice perd alors l’avantage du gain de temps. De même, pour un éleveur qui prépare plusieurs rations pour de petits lots de bêtes, ce n’est pas forcément la machine adaptée, puisque sa consommation de carburant sera proportionnellement trop élevée. Lorsque l’exploitation le permet, c’est un choix judicieux. La Lucas G Autospire est une bonne machine d’une manière générale. Je ne vois pas spécialement de point critique à surveiller plus que pour une autre automotrice. Méfiez-vous tout de même des problèmes liés à des composants hydrauliques, par exemple la casse d’un moteur. Si des résidus ont pollué le circuit hydraulique, il en restera toujours quelque part, et les problèmes referont surface tôt ou tard. Il est crucial de se renseigner afin de savoir si des composants ont fait l’objet d’un remplacement, et pourquoi. Par ailleurs, bien que la machine soit homologuée pour circuler sur la route, je dirais que ce n’est pas idéal. La transmission hydrostatique montre rapidement ses limites, en particulier dans les montées. Il faut absolument éviter les déplacements routiers avec la cuve chargée, sans quoi la consommation s’envole, et les composants s’usent rapidement. Pensez enfin à privilégier un pack d’éclairage richement doté, ce qui sera un avantage non négligeable lors des manœuvres. »

 

 

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